OSTOS – Collectif d'ostéopathes

ostéopathie grippe espagnole

L’ostéopathie et la grippe espagnole

En 1918, à la fin de la Première Guerre mondiale, la grippe espagnole se répand rapidement dans le monde. Pour participer à l’effort collectif, l’American School of Osteopathy a demandé à ses ostéopathes diplômés de traiter les patients atteints de la grippe espagnole. 2 445 ostéopathes ont été recrutés et ont traité 110 122 patients grippés. Quel a été l’impact du traitement ostéopathique manuel sur les patients atteints par cette maladie?

ostéopathie grippe espagnole

Cet article est un résumé de l’article de Baroni et al. Osteopathic manipulative treatment and the Spanish Flu : a historical literature review paru en février 2021 dans le Journal of Osteopathic Medicine.

La grippe espagnole

La grippe espagnole se répand de 1918 à 1921. Elle a causé 500 millions d’infections à travers le monde parmi lesquelles 50 millions de morts. Les complications respiratoires correspondent à la majorité des infections létales. Elles sont associées à une bronchopneumonie aigue et agressive et un syndrome de détresse respiratoire aigue. Ces patients manifestaient une progression rapide de la maladie menant souvent à une défaillance mortelle des organes.

L’ostéopathie pour traiter la grippe espagnole

A Kirksville dans le Missouri, l’American School of Osteopathy a essayé de ralentir la progression de la maladie. Ainsi, elle a recruté 2 445 ostéopathes qui ont pris en charge 110 122 patients atteints de la grippe espagnole.

D’après les données de l’époque, l’ostéopathie aurait permis de réduire les taux de morbidité et de mortalité chez les patients suivis en ostéopathie comparés aux patients suivant un traitement conventionnel. De même, un article rapporte aussi de faibles taux de pneumonie chez les patients suivis en ostéopathie pendant l’épidémie de grippe espagnole.

Les ostéopathes semblaient avoir un taux de succès élevé. Le traitement ostéopathique manuel a probablement joué un rôle majeur dans le rétablissement des patients. Toutefois, il faut garder à l’esprit que les données rapportées n’ont pas de grande valeur scientifique.

Le traitement ostéopathique manuel

Le traitement ostéopathique manuel était administrer pour libérer les restrictions musculaires et ajuster les dysfunctions ostéoarticulaires. Des traitements associés ont été utilisés pour soutenir le système respiratoire et influencer les systèmes circulatoire et lymphatique. L’approche ostéopathique visait également à influencer le système nerveux autonome et l’activité des systèmes endocriniens et métaboliques.

Le but du traitement était d’améliorer les fonctions physiologiques. Ceci afin de maximiser le potentiel vital du patient. Ainsi, les patients suivis en ostéopathie avaient un taux de mortalité de 0,25%, inférieur à celui de ceux non suivis en ostéopathie.

Que faisaient les ostéopathes?

L’article liste les différentes techniques et approches systémiques des ostéopathes de l’époque. Pour sélectionner le traitement ostéopathique, les thérapeutes se basaient sur un diagnostic de dysfonctionnement et une détermination rationnelle de la cause plutôt que sur les symptômes. Le but du traitement était de favoriser la relation d’interdépendance entre les régions du corps et les fonctions.

La fréquence et la durée du traitement variaient en fonction de la sévérité des cas. Certaines sources recommandaient un traitement quotidien, tandis que d’autres recommandaient deux traitements par jour. Dans les cas extrêmes, l’ostéopathe pouvait intervenir 3 à 4 fois par jour. Notons que la durée du traitement était de 10 à 15 minutes pour chaque patient.

Vous pouvez télécharger le descriptif des techniques utilisées à l’époque en cliquant sur le bouton ci-dessous.

Effets secondaires du traitement ostéopathique

Les articles de l’époque rapportent que la température de certains patients augmentaient après un traitement ostéopathique. Certains avaient une aggravation de leurs symptômes pendant un ou deux jours.

Conclusion

Il faut garder en tête que ces données ont peu de valeur scientifique. Il s’agit plutôt d’apprécier la valeur historique des ces données. Aussi, utiliser ces données comme preuve scientifique n’a aucun intérêt. Toutefois, comme le disent les auteurs de l’article, ces récits historiques peuvent être utilisés pour développer une base théorique pour l’application d’un traitement ostéopathique plutôt que d’être cités comme preuve de son efficacité.

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