OSTOS – Collectif d'ostéopathes

Modèle biopsychosocial

Le modèle biopsychosocial

Ces dernières années de plus en plus de thérapeutes se tournent vers un modèle biopsychosocial au détriment d’une approche biomédicale pour la prise en charge de leurs patients. Découvrons ensemble de quoi il s’agit.

Paternité du modèle

George Libman Engel (1913-1999) est un médecin américain. A ses débuts il est plus intéressé par la pathologie que par le patient lui-même et ne jure que par la rigueur scientifique. D’abord réticent à la psychanalyse et au concept psychosomatique, il découvre Freud et s’intéresse aux facteurs psychologiques en médecine.

George L. Engel
George L. Engel

Dès 1946, convaincu de l’approche psychosomatique, il se forme en psychanalyse à Rochester. Dans son enseignement il souligne l’importance du développement des compétences cliniques mais également sur la nécessité de comprendre autant le patient que la pathologie. En 1965, il abandonne le modèle biomédical.

Genèse du modèle biopsychosocial

Terme créé par R. Grinker, neurologue et psychiatre américain, le modèle biopsychosocial nait à la fin des années 80 suite à la parution d’un article d’Engel : The need for a new medical model : A challenge for biomedicine. Selon lui le point de vue biomédical est trop réductionniste.

Le modèle biopsychosocial se veut être un élargissement du modèle biomédical : les facteurs biologiques y gardent  leur place en les considérant avec les facteurs sociaux et psychologiques.

Notons que John M. Littlejohn, DO, et ses frères avançaient déjà au début des années 1900 les prémices des principes d’un modèle biopsychosocial.

Principes du modèle biopsychosocial

  1. Une altération biochimique ne se traduit pas directement en maladie. Le tableau de la maladie provient de l’interaction de plusieurs facteurs désignant une cause, incluant les facteurs de niveaux moléculaire, individuel et social. À l’inverse, des altérations psychologiques peuvent se manifester comme des maladies ou des formes de souffrance qui constituent des problèmes de santé avec, parfois, des corrélats biochimiques.
  2. La présence d’un trouble biologique ne fournit pas d’éclairage sur la significa- tion du symptôme pour le patient et ne permet pas non plus nécessairement d’inférer les attitudes et les compétences nécessaires au clinicien pour recueillir l’information et la traiter correctement.
  3. Les variables psychosociales sont des déterminants plus importants de la pré- disposition, de la sévérité et de l’évolution de la maladie que ne le pensaient les défendeurs du point de vue biomédical de la maladie.
  4. Adopter un rôle de malade ne renvoie pas nécessairement à la présence d’un trouble biologique.
  5. L’efficacité de la plupart des traitements biologiques est influencée par des facteurs psychosociaux, par exemple l’effet dit « placebo ».
  6. La relation médecin-malade influence l’issue médicale, même si c’est seule- ment en jouant sur l’adhésion au traitement.
  7. Contrairement aux sujets inanimés de l’investigation scientifique, les patients sont profondément influencés par la façon dont ils sont étudiés, et les scientifi- ques engagés dans la recherche sont influencés par leurs sujets.

Limites de l’approche biomédicale

Parmi les plus grandes réalisations de la biomédecine figurent l’identification, le traitement et le contrôle des maladies infectieuses. Cependant, le fardeau actuel de la mauvaise santé de la population comprend maintenant de nombreuses conditions qui ne sont pas des maladies infectieuses et qui n’ont pas de remède complet disponible (les maladies dites non infectieuses). Les soins aux personnes âgées à l’hôpital représentent une part élevée des coûts de santé.

Ce à quoi la biomédecine est efficace ne résout plus une grande partie du fardeau et des coûts pour la santé de la population, et peut contribuer à la hausse du coût de la santé en nous gardant en vie plus longtemps, mais chèrement payé pour d’autres, en particulier les jeunes générations. Outre la biomédecine, ce qui est nécessaire  est une alliance complexe de sciences sociales, de politique, d’économie, d’épidémiologie environnementale et sociale.

Limites du modèle biopsychosocial

D’une part, le modèle est populaire et beaucoup invoqué dans les contextes d’éducation clinique et sanitaire et prétend être le cadre global des soins de santé contemporains. D’autre part, le modèle a été de plus en plus critiquépour être vagueinutile et même incohérent – cliniquementscientifiquement et philosophiquement.

Mais cela soulève la question : à quoi sert d’avoir un modèle général?

Références

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